Le Chêne ne peut (malheureusement) pas prendre racine

Le ChêneLa ville a notifié aux utilisateurs du 131, avenue de Paris (Le Chêne) la fin de la mise à disposition de ces lieux.

Cette décision contrainte est dommageable pour les habitués et les artistes qui en avaient fait un lieu original de création, de rencontres et d’événements. Les modalités de fonctionnement n’en étaient pas moins difficilement soutenables du point de vue de la responsabilité de la Municipalité en direction du public.

Tout commence en 2013 : la ville accorde à une association, Les Tailleurs d’envie, l’usage des lieux sous le régime d’une convention de 3 ans. L’utilisateur acceptait, pour 1€  symbolique, d’entretenir les lieux, de régler les factures et de ne les utiliser qu’à des fins de création artistique. L’accueil du public ne pouvait se faire que sur certains espaces limités.

Pendant 3 ans, la formule a prospéré et donné lieu à de multiples initiatives : sculpteurs, artistes peintres, créateurs de bijoux et vidéastes se côtoient.

La forge est à la fois le cœur et le symbole de ce bouillonnement.

Le succèsLe Chêne Portes Ouvertes est au rendez-vous : les « fameuses » portes ouvertes permettent de présenter à tous le fruit des efforts produits ; progressivement, de plus en plus d’événements s’y déploient et le public se fait plus nombreux.

La ville, autorité responsable, s’en réjouit mais néanmoins ne peut faire autrement que de demander à ce que soient procédé aux aménagements et travaux nécessaires de mise aux normes pour assurer la sécurité du public.

Il faut savoir que tout lieu accueillant du public est soumis à une réglementation stricte que les personnes morales de droit public sont chargées de faire respecter… et plus il y a de monde, plus les risques encourus croissent.

Parallèlement, pendant plusieurs mois, la ville a cherché des solutions en accord avec les besoins exprimés par les responsables associatifs qui ont été maintes fois reçus. Après recherches et réflexions, aucun lieu adéquat n’a malheureusement pu être identifié sur Villejuif.

Entre temps, un projet de relocalisation du foyer ADOMA au 1, rue Alexandre Dumas situé dans le périmètre de la ZAC Campus Grand Parc à proximité de l’Institut Gustave Roussy était mis sur les rails. Face à l’obsolescence du bâtiment actuel, ADOMA planifiait de façon prioritaire la démolition reconstruction du foyer en question.ADOMA

Le 131 avenue de Paris était proposé pour relocaliser une partie des 290 logements dans des locaux neufs et dignes, aptes à recevoir une population socialement isolée et fragile.

Le choix ne se pose donc pas entre maintien d’un lieu culturel d’une part et projet social d’autre part.

En effet, la convention de mise à disposition du 131 avenue de Paris a toujours eu une vocation temporaire que n’ignoraient pas les occupants Loin d’être une décision relevant de la politique culturelle, le départ du Chêne est la conséquence d’un contexte connu de tous depuis longtemps et qui s’impose à la collectivité.

Les difficultés financières de la ville ne sont malheureusement pas étrangères au manque de solutions d’accueil proposées aux nombreuses associations Villejuifoises, riches en initiatives et au dynamisme créatif confirmé. La rationalisation des moyens de la collectivité s’impose aujourd’hui et pousse à une gestion au plus serré du patrimoine bâti et foncier.

Aujourd’hui, les projets culturels se voient proposer d’autres voies pour se développer.

Des solutions sont cherchées au cas par cas pour contribuer à la mise en place d’actions, expositions, projets pédagogiques. La gestion au plus juste des ressources publiques conduit néanmoins à une évolution du modèle passé, des voies collaboratives et partenariales seront désormais de plus en plus nécessaires.

Pour autant, l’expérience du Chêne ne doit pas rester sans suite…

Beaucoup de leçons sont en effet à tirer tant l’originalité et la qualité des initiatives déployées au cœur de notre ville nous ont émus et enthousiasmés.

Vœu est donc fait, par les élus du groupe VillejuifNOTREville, pour que sous une forme Territoriale, Départementale ou autre, l’épisode du Chêne essaime et que le concept trouve les voies de sa recréation.

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