Les Villejuifois s’adressent aux habitants de Caudry

Ce matin, à l’occasion de la marche blanche organisée en mémoire d’Aurélie CHATELIN sur la place de CAUDRY, M. Alain CAPORUSSO, adjoint en charge de la Culture au coté de Mme Fadma OUCHARD, adjointe en charge de l’éducation, représentait la Municipalité de VILLEJUIF.

Ci dessous le contenu de son discours :

« Nous sommes rassemblés à Caudry en ce dimanche en mémoire de cette jeune maman, ce bel enfant, vous : Aurélie. Son assassinat, lâcheté infâme et absurde, marque nos villes et nos habitants du sceau du deuil et de l’incompréhension.

Depuis une semaine, nous tentons de comprendre, de trouver des réponses.

Définitivement, cette injustice s’inscrit dans la trame d’une histoire à laquelle je serai bien en peine de donner du sens. Nous pouvons être tentés par la révolte, et je l’ai été, comme d’autres parmi vous je n’en doute pas. La mort fait certes partie du quotidien d’une collectivité humaine, mais quoi de plus révoltant que les circonstances qui ont éteint la flamme qui animait cette jeune fille !

Villejuif se trouve aujourd’hui liée tragiquement à votre ville, nous en déplorons les circonstances.

Je n’ai pas connu Aurélie et ne peut que montrer toute ma sollicitude, ma profonde empathie envers les proches, la famille, son enfant. Le modeste représentant de la population de Villejuif que je suis ne peut prétendre partager la profondeur de votre douleur, sachez néanmoins que la compassion dont je souhaite vous faire part est tout sauf un exercice de forme. J’accorde à ce mot une signification essentielle dans le lien qui nous unit entre humains. Sans compassion, pas de collectivité humaine réellement digne de ce nom, pas de chaleur, je dirais même quel sens profond à notre être ensemble ? Les représentants religieux ici présents ne me contrediront sans doute pas. Je crois que cet événement doit sinon avoir du sens, du moins emporter l’obligation de se tourner vers l’autre, d’en mesurer l’affliction, le manque qui l’atteint.

En venant à Caudry, j’ai donc la ferme intention de démontrer mon militantisme en faveur de la nécessaire empathie, de la fraternité et de l’amitié qui doivent être la sève de nos sociétés, de nos collectivités publiques respectives.

Les Villejuifois ont partagé le deuil de tous les Français en janvier tout comme les Caudrésiens. Nos Eglises, nos habitants sont sous la menace de forces qui frappent sans sommation, sans raison soutenable, sans pitié.

Si réaction il doit y avoir, ce ne doit pas être celle de la peur. Répondons à l’absurde pas le sens, à la haine par la fraternité, à la violence par un message de paix.

Sachez que bien de mes concitoyens m’ont exprimé leur sentiment de détresse et de peine quant au destin de cette jeune fille. Bien des mamans, des habitantes et des habitants se retrouvent en Aurélie. Je suis ici pour vous assurer que notre solidarité est entière : vous n’êtes pas seuls, la famille d’Aurélie a le soutien de centaines de personnes avec lesquelles nous avons marché hier à Villejuif, beaucoup nous l’ont exprimé de vive voix, mais aussi par leur geste, leurs messages pleins de bienveillance à vous porter. Grâce à ces témoignages, Aurélie sera pour longtemps dans notre mémoire collective, dans notre histoire commune.

Mesdames et Messieurs, au nom du maire de Villejuif, des élus, des habitants de ma ville, je vous remercie de nous avoir accordé le droit de vous exprimer ce message, de nous faire l’honneur de nous ouvrir vos portes en ce moment de peine qui met à vif les âmes. Je vous remercie enfin, habitants de Caudry, Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs les élus, représentants religieux, pour cette leçon de dignité. Je ne manquerai pas d’en rapporter témoignage.

Merci. »

Alain CAPORUSSO

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