La profession de foi…

Recto Union Tour2 Verso Union Tour2

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1 commentaire

  1. Audibert

     /  25/03/2014

    Faisons sortir Villejuif de sa logique mortifère pour la faire entrer dans une ère de responsabilité !

    Cela fait dix ans que j’habite Villejuif. Dix ans que ma relation à cette ville est ambivalente. J’en apprécie certaines réussites incontestables, comme le théâtre Romain Rolland, la médiathèque, la piscine, les infrastructures sportives (bien que vieillissantes), les conservatoires (musique, danse, beaux-arts), les MPT, le marché sous le théâtre, et j’en passe. J’aime aussi son côté populaire. J’aime ses moyens de transport (métro, tramways…), sa proximité avec Paris (où je travaille). Mais voilà. Je ne peux par ailleurs nier que la ville est laide, sale, insécurisante, dépourvue de petits commerces dignes de ce nom (pas un fromager, pas un poissonnier, pas un caviste !) et de moins en moins mixte socialement. De plus en plus m’étreint le sentiment de vivre dans un ghetto.
    C’est en m’investissant dans l’association de parents d’élèves de mes enfants que je m’en suis rendu compte : il n’y a jamais de moyens, c’est toujours la faute des autres (la faute à Sarkozy et à la suppression de la taxe professionnelle, la faute aux baisses de dotations de l’Etat, la faute à l’Europe, la faute…). Conséquence : il n’y a d’argent pour rien : ni pour le matériel scolaire (les TNI vantés par la mairie n’ont jamais existé et on se bat pour que les enseignants puissent faire des photocopies !), la pause méridienne est un bricolage minable, les nouveaux rythmes scolaires (suspendus le temps de la campagne électorale – sic !) montrent un manque d’ambition vertigineux, les centres de loisirs ne peuvent accueillir les enfants de chômeurs (!!!). Manque de moyens partout alors que Villejuif est le district qui connait les plus mauvais résultats du Val-de-Marne, dans une académie qui est l’une des plus sinistrées de France ! Bravo ! J’ai deux fils, je suis ravi !
    Dès qu’on exprime un désaccord avec la municipalité en place, on est traité de menteurs (publiquement !) ou de faire le jeu de l’opposition. Seulement voilà, je n’ai jamais de ma vie voté à droite (sauf au 2e tour de la présidentielle de 2002, de triste mémoire) et j’ai même apporté ma voix à Claudine Cordillot en 2008 ! Mais pas cette fois… La logique compassionnelle dans laquelle elle est enferrée, cette espèce de fuite en avant misérabiliste, l’accroissement de la part de logement social, ne peuvent qu’accentuer les déséquilibres existant. Toujours plus de gens en difficulté, toujours moins de moyens. Au lieu de tenter de trouver un nouvel équilibre dont tout le monde pourrait bénéficier, elle embarque tout le monde villejuifois vers un naufrage social, scolaire, économique, sécuritaire… Ce naufrage ce n’est pas demain, pas après-demain, c’est maintenant qu’il a lieu : sous nos yeux, tous les jours.
    Parce que j’ai de l’ambition pour mes enfants, parce que j’ai envie de vivre dans un cadre agréable et sûr, parce que je ne me résous pas à devoir slalomer entre les merdes de chiens sous prétexte que les priorités sont ailleurs, parce que j’aspire à une véritable mixité sociale et pas à une ghettoïsation, parce qu’assister aux trafics de dealers à proximité de l’école de mes enfants ne me réjouit pas, parce que je n’ai pas envie de voir des tours pousser partout à Villejuif (sans aucune exigence architecturale ni la moindre considération sur l’intégration urbaine), parce que je refuse de me faire insulter par les membres de la mairie quand j’exprime mon désaccord, parce que je refuse d’être mené en bateau lorsque je demande des explications sur telle ou telle pratique municipale, pour toutes ces raisons je ne voterai pas cette fois pour Claudine Cordillot. Je ne me trompe pas d’élection : c’est bien des pratiques et des projets de la majorité municipale sortante qu’il s’agit. De rien d’autre.
    Ce n’est pas de gaité de cœur que je me vois contraint d’apporter ma voix à la droite. Ce n’est pas un chèque en blanc. Je serai d’autant plus vigilant. Mais, vraiment, continuer encore six ans avec l’équipe sortante, ce n’est tout simplement pour moi plus possible. Je ne renie pas mes convictions. Je nourris même le secret espoir qu’une autre alternative à gauche sera en mesure de l’emporter dans six ans… D’ici là, place à un renouveau salutaire.

    Un citoyen de gauche

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